[Review] Aliens Perdition

[Review] Aliens Perdition

Même si le Predator a quelque peu la côte sur le blog puisque des articles sur Predator : Intouchable et Predator : Chasseurs ont été rédigés, sachez qu’une autre grande créature extraterrestre vit de palpitantes histoires dans les pages de comic books. L’Alien, seul ou à plusieurs, hante les carcasses de divers vaisseaux spatiaux. L’association d’une figure si populaire avec un auteur talentueux attire forcément l’œil : c’est pour cette raison qu’aujourd’hui, nous nous attaquons à Aliens Perdition ou Aliens Dead Orbit dans sa version originale !

Ce court récit provient de l’imagination de James Stokoe, notamment connu pour ses travaux sur quelques titres Godzilla ou pour sa série Orc Stain. La particularité de l’auteur réside dans sa pâte graphique atypique, abondante en traits, davantage proche du style attendu dans un manga. L’auteur amène l’équipage de l’Atol Sphacteria à la rencontre d’un vaisseau à la dérive. Dépourvu d’êtres vivants à son bord à première vue, l’horreur s’abat sur Hassan, Wascylewski, Rook, Torrenson, Park et Harrow lorsqu’ils découvrent le contenu de l’épave stellaire.

Aliens Dead Orbit reproduit une dynamique semblable au premier film de Ridley Scott dans ses personnages. Sans être des copies conformes de leurs homologues cinématographiques, les membres de l’équipage de l’Atol Sphacteria ressemblent à Ripley et à ses compagnons. Le récit dispose aussi d’une ambiance similaire à celle du premier Alien. Il n’est pas question de terrasser des dizaines de xénomorphes avec une facilité déconcertante ! Ici, la peur provient avant tout de la menace omniprésente causée par la dissimulation des aliens. Tapis dans l’ombre, les monstres attendent le moment propice pour sévir. Les aficionados de la licence Aliens, et plus particulièrement du premier film, devraient prendre plaisir à plonger dans cette histoire claustrophobe respectueuse du matériau d’origine. Pour autant, Perdition ne se contente pas de calquer le scénario du Huitième passager en remplaçant les noms des personnages. Les xénomorphes sont ici plus sadiques et calculateurs que jamais, les rendant d’autant plus terrifiants.

La narration exploite différentes temporalités pour rendre au mieux compte de la descente aux Enfers subie par le crew du Sphacteria. Ainsi, Stokoe maîtrise au mieux son récit et distille les révélations au fur et à mesure. A travers les interactions entre les différents membres de l’équipage, l’auteur met en lumière leur profonde solitude à arpenter les confins de la galaxie et l’humanité fragilisée qui en découle. Même si Wassy se présente comme le protagoniste du récit, un aspect choral en émane. En dépit de leur importance moindre comparée à Wascylewski, les membres de l’équipage possèdent tout de même une personnalité distincte et apparaissent à de nombreuses reprises. Liés les uns aux autres, la survie collective se retrouve tant bien que mal au cœur des préoccupations du personnel de l’Atol Sphacteria.

Si le récit de James Stokoe fonctionne si bien, c’est grâce à son style graphique si reconnaissable. Ses dessins ultra détaillés par de très nombreux traits contribuent à l’expressivité des personnage et au dynamisme des scènes mouvementées. Les costumes, les décors, les vaisseaux, toute la partie visuelle du one-shot est magnifiée par la surabondance de lignes chère à l’artiste. Même lorsqu’il s’agit de montrer l’immensité du vide spatial, des effets visuels impressionnants sont mis en place pour témoigner de la détresse des personnages. Si l’histoire pourrait n’être qualifiée que d’efficace, la partie graphique téléporte directement le lecteur au cœur de l’horreur cosmique vécue par les passagers de l’Atol Sphacteria.

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Avec ses illustrations à la croisée entre Moebius et Katsuhiro Ōtomo, le mangaka à l’origine d’Akira, James Stokoe transporte le lecteur dans une aventure angoissante au possible. Tout en recréant l’ambiance claustrophobe du premier film de la licence, Aliens Perdition y ajoute une grosse dose d’action et met en scène un personnage inédit terriblement bad ass, l’officier Wascylewski, rappelant à bien des égards la célèbre Ellen Ripley. Ce récit complet constitue un hommage solide aux films qui ont fait le succès de la franchise Aliens mais aussi une porte d’entrée idéale dans les comics tirés de cet univers.

Si vous souhaitez lire cette histoire, sachez qu’elle a été récemment rééditée sous le label Vestron dans une collection à petit prix. Pour une dizaine d’euros, vous pourrez profiter de ce récit de grande qualité dans un format souple et pratique à emporter avec soi !

Cette information délivrée, cette review est désormais terminée ! J’espère qu’elle vous aura plu. Il était temps de rendre honneur aux Aliens autant qu’aux Predators sur ce blog. :p Je vous dis à bientôt pour de nouveaux articles !

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