[Review] Gannibal Tomes 3 & 4

[Review] Gannibal Tomes 3 & 4

Hello mes petits cannibales ! J’espère que vous n’êtes pas totalement rassasiés depuis la critique des deux premiers tomes de Gannibal, car nous continuons de parler du manga de Masaaki Ninomiya. En effet, les deux critiques s’enchaînent pour vous comme pour moi. Le manga m’a tellement passionné que je me suis lu les 4 tomes en un après-midi, c’est pourquoi je rédige ces deux articles d’affilée.

Les deux premiers tomes du seinen horrifique laissait le lecteur sur de sombres révélations au sujet du passé de la famille Agawa et particulièrement de Daigo, le policier et père de famille. Parmi ceux-ci, l’accent était mis sur un drame particulièrement choquant pour Mashiro, la jeune fillette Agawa. L’une de ses connaissances poussa son père à commettre l’irréparable. Elle côtoyait amicalement un jeune homme, sans se douter que ce dernier avait été condamné pour des agressions sexuelles sur mineurs. Après avoir été relâché, Mashiro lui rendit innocemment visite. Connaissant parfaitement les penchants criminels du jeune homme, le policier fut pris d’une rage incontrôlable lorsqu’il trouva sa fille chez le jeune homme et le tua lors d’une intervention à son domicile. Mashiro, jadis épanouie et joviale, se plongea dans le mutisme le plus complet après avoir assisté au meurtre.

Cette faute professionnelle explique la mutation des Agawa dans le village perdu de Kuge. Maintenant que tout le village connaît le passif de son nouveau protecteur, la paranoïa de Daigo s’intensifie encore davantage, et pas totalement à tort. De nouvelles rencontres le mèneront à se méfier des villageois de Kuge, notamment car ils seraient à l’origine de la démence qui a poussé l’ancien policier de la commune à sa perte. Les rumeurs de cannibalisme semblent se concrétiser également de plus en plus dans l’esprit de Daigo. En effet, un bébé du village disparaît chaque année à la naissance. Ce dernier serait apparemment sacrifié lors d’une cérémonie annuelle du village. Avec les informations obtenues par le policier, l’atmosphère lugubre et la tension pesante qui émanent de Kuge ne font que s’amplifier. Le tout rend l’horreur du manga aussi bien visuelle que psychologique, chaque instant devenant source d’angoisse, même les plus triviaux.

L’auteur maîtrise parfaitement l’ambiance anxiogène caractéristique de son œuvre. Il brouille les pistes au point de rendre menaçant tous les personnages gravitant autour de la famille, alliés ou ennemis. Personne ne paraît fiable, digne de confiance pour Daigo comme pour le lecteur. L’écriture et la mise en images des personnages maintient perpétuellement les suspicions à leur égard et l’intérêt de chacun d’entre eux au sein de l’intrigue. Parmi eux se trouve par exemple Keisuke, prêt à tout pour défendre les intérêts de la famille Gotô. Ce clan paraît exercer une terreur permanente sur les villageois de Kuge mais également au-delà des montagnes. Au final, la psychologie des personnages et leurs comportements sont régis par une crédibilité constante. Ce réalisme donne de la force à la narration et intensifie toujours autant l’impact des passages horrifiques.

Keisuke jure de protéger sa famille.
Le face-à-face de fin de volume entre Keisuke et Daigo.

Les dessins sont loin d’être en reste. Masaaki Ninomiya livre, comme pour les deux premiers tomes, des planches extrêmement détaillées au sein d’un univers toujours aussi sordide. Le mangaka opère des changements de tonalité dans son intrigue en passant de planches tantôt tranquilles, joyeuses à des illustrations glauques, inquiétantes.

Les tomes 3 et 4 se concentrent plus amplement sur l’enquête de Daigo sur la disparition inexpliquée de son ancien collègue. Le décor de l’affaire ayant été planté avec les deux premiers volumes de Gannibal, le rythme des deux suivants s’avère plus lent. Ils portent surtout sur des rencontres et des discussions entre l’officier et des intervenants divers. Tous ces échanges constituent a priori des moyens de faire progresser l’investigation de Daigo, à moins que les propos tenus ne soient que des rumeurs ou des informations volontairement erronées ?

Pour autant, la succession d’interrogatoires ne rend pas l’histoire inintéressante du tout. En effet, l’auteur prend le soin de disperser des pistes concernant la suite de son histoire ça et là, notamment par l’apparition de nouveaux personnages dont l’importance devrait se décupler à venir.

Masaaki Ninomiya continue d’instiller du malaise dans son intrigue et ce, non sans un certain cynisme. Le quatrième tome de Gannibal s’achève sur un événement particulièrement crispant. Le policier se voit forcé, par son statut, à participer aux préparatifs de la fête de village, potentiellement annonciatrice de la mort prochaine d’un enfant enlevé quelques années auparavant…

C’est avec plaisir que je continuerai à découvrir les prochains tomes de Gannibal tant les mystères autour du village de Kuge me captivent ! Masaaki Ninomiya affiche toujours un niveau incroyable aux dessins ainsi qu’au scénario de son seinen mêlant horreur, thriller et enquête policière. Son univers et l’ambiance qui s’en dégage restent toujours aussi sombre et stressante. La psychose de Daigo ne décroît jamais et, au contraire, continue de prendre de la place dans son esprit et dans celui du lecteur à ses côtés.

Le titre a d’ailleurs l’air d’avoir une belle communauté de fans et de cartonner au Japon puisque qu’il a déjà atteint la dizaine de tomes publiés et qu’il continue d’occuper les pages du magazine Shuukan Manga Goraku. Cependant, j’espère que le manga ne s’essoufflera pas sur la durée comme pas mal de récits d’horreurs. En attendant, je suis impatient de découvrir la suite de Gannibal !

Cette review étant désormais terminée, j’espère qu’elle vous a plu. N’hésitez pas à venir en discuter avec nous sur les réseaux sociaux ou en commentaire de cet article, j’en serai ravi !

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