[Review] Garbage Night

[Review] Garbage Night

Salut à tous ! J’espère que vous allez bien. Tout comme mon ami Kaisuke grâce à sa review de Bronze Age Boogie, je vais moi aussi vous présenter une maison d’édition dont nous n’avions jusqu’alors jamais parlé sur le site. Il s’agit des éditions Kinaye, une maison d’édition francophone proposant des BD américaines pour enfants dans l’Hexagone ! Elle a été créée par Romain Galand, un ancien des éditions Glénat et de Valiant Comics. Le catalogue Kinaye se sépare en plusieurs collections en fonction du public visé. La collection Fresh Kids propose du comics pur tandis que la collection Graphic Kids englobe des romans graphiques américains et des one-shots. Le livre qui nous intéresse aujourd’hui fait d’ailleurs partie de cette dernière collection.

Comme sujet de note première review consacrée à une publication des éditions Kinaye, nous avons choisi de parler de Garbage Night ! Le titre place son histoire dans un monde dévasté où des animaux anthropomorphisés cherchent à survivre par tous les moyens. Le chien Simon vit avec ses deux amis, Cliff une femelle raton-laveur et Reynard, un cerf. Alors que la ville dans laquelle ils vivent est complètement dépourvue de toutes ressources, ils décident d’entreprendre un incroyable voyage vers une ville dont les poubelles sont réputées pour être pleines de délices ! Garbage Night est né de l’imaginaire de Jen Lee, qui a réalisé entre autre le webcomic animé Thunderpaw : In the ashes of Fire Mountain. Elle est également la chara-designer de la série à succès BoJack Horseman, mettant elle aussi en scène des animaux anthropomorphes. Cependant, les personnages de BoJack sont un tantinet, un chouia plus désabusés et outranciers.

Commençons par l’essentiel : j’ai adoré ce titre ! Il s’agit bien évidemment d’une BD conçue et destinée d’abord aux enfants, mais plusieurs niveaux de lecture existent avec ce titre. De ce fait, les adultes que nous sommes peuvent également y trouver leur bonheur et prendre du plaisir à lire ces aventures abordant notamment les thèmes de l’adolescence et l’amitié. Je dois admettre que j’ai été avant tout attiré par la pâte graphique du titre. La couverture nous présente trois animaux anthropomorphes, c’est-à-dire dotés d’attitudes et de capacités humaines, arborant des styles vestimentaires “hipsters“. Cette intrigante cover a su piquer ma curiosité mais la quatrième de couverture est parvenu à me convaincre de laisser sa chance à ce titre méconnu.

Le récit prend place dans un monde post-apocalyptique où l’on comprend rapidement que les humains ont quitté le coin depuis, au moins, plusieurs semaines. Garbage Night se compose de deux parties, d’abord le lecteur suit les péripéties se déroulant dans le présent de nos personnages, puis nous avons le droit à un préquel racontant la rencontre de nos trois personnages ! Le sens de lecture peut paraître déroutant mais il n’est au final par gênant de découvrir à la fin de l’ouvrage la situation dans laquelle se sont rencontrés nos trois amis. Ils se révèlent tous sympathiques et attachants, chacun à leur manière, au point qu’il est difficile de se choisir un chouchou !

L’histoire traite de thèmes typiques de l’adolescence comme la rébellion et l’envie de liberté qui en découlent mais aussi des difficultés que l’on peut rencontrer en amitié. Ces thématiques toucheront directement le jeune lecteur directement concernés par ces préoccupations, et renverra un souvenir nostalgique aux lecteurs plus éloignés de l’adolescence et des changements qu’elle cause. L’arrivée d’un nouveau membre dans le groupe, Barnaby, duquel Simon souhaite se faire apprécier à tout prix, fragilise et entache la relation forte qui le liait à ses deux amis de longue date. Qu’importe l’âge du lecteur, les thèmes traités dans le titre gardent une part d’universalité puisqu’ils nous concernent tous à un moment donné dans note vie. On a tous déjà été fâché ou déçu d’un ami qui nous a laissé sur le côté pour quelqu’un d’autre. Mais le courage de Simon fera oublier son moment d’égarement à ses amis. Au-delà de ces troubles émotionnels, nos trois amis feront face à de nombreuses péripéties aventureuses dans l’espoir d’accomplir leur voyage vers les poubelles garnies !

Le récit est mis en images avec un style cartoon, enfantin et minimaliste. Ce choix crée un décalage intéressant avec le cadre où se déroule l’action, à savoir un monde post-apocalyptique délabré. L’association des deux composantes se fait pourtant à merveille et fonctionne naturellement. Les couleurs participent beaucoup à la symbiose des illustrations infantiles et de la gravité du cadre spatial. La justesse de la cohésion des parties graphique et narrative participent à la qualité globale de l’œuvre.

Les personnages sont hauts en couleurs et vraiment choupis, ce qui crée un profond contraste avec leur habitat et l’univers assez terne et sombre dans lequel ils évoluent. Bien sûr, le délabrement et la solitude ne donnent pas lieu à un récit marqué par le pessimisme et la noirceur comme peut l’être davantage Animosity, qui confère aussi des aptitudes humaines à des animaux dans un monde ravagé. Le style graphique, bien qu’épuré, retranscrit parfaitement les états d’esprit de nos personnages, permettant ainsi au lecteur de ressentir et de partager leurs émotions.

La lecture se fait rapidement, le scénario, même avec ses différents niveaux de lecture, n’étant pas extraordinairement complexe. Pour autant, il s’agit là d’une bonne lecture sans prise de tête d’abord destinée à des enfants ou adolescents. Garbage Night constitue une lecture formidable à recommander à de jeunes lecteurs ! Les dessins se révèlent vraiment appréciables, et ils plairont sans aucun doute à des enfants, à des adolescents et sûrement même à de nombreux adultes. J’ai vraiment apprécié cette lecture et je recommande sans soucis aux parents comme aux enfants !

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