[Review] Harry Potter et l’Enfant Maudit

[Review] Harry Potter et l’Enfant Maudit

Bonjour à tous, bande de Moldus ! Aujourd’hui, je viens gentiment m’incruster dans le blog des copains pour vous parler d’une expérience que j’ai eu la chance de vivre il y a un peu plus d’un mois et que j’aimerais partager avec vous : une représentation à Londres du huitième opus de la saga Harry Potter : Harry Potter et l’Enfant Maudit. Accrochez-vous à votre portoloin le plus proche, et suivez-moi une nouvelle fois dans ce monde magique !

Petite remise en contexte avant de se jeter dans le concret, Harry Potter et l’Enfant Maudit est donc la huitième entrée dans la saga magique débutée par J.K. Rowling en 1997. Sorti en 2016 et co-écrit par Jack Thorne, John Tiffany et J.K. Rowling elle-même, ce nouvel opus diverge des 7 précédents sur la forme qu’il prend. Plus question de roman, l’intrigue est ici racontée en pièce de théâtre. Pas question d’adaptation non plus, mis à part au théâtre, J.K. Rowling souhaitant que les spectateurs ne consomment le livre que sous cette forme.

Quid de l’histoire ? Et bien sachez que la forme n’est pas la seule rupture par rapport au reste de la saga, car on ne suit plus (ou du moins, pas que) l’histoire de Harry Potter, mais plutôt de son deuxième fils, Albus Severus Potter, le jour de son entrée à Poudlard 19 ans après la fin des Reliques de la Mort. Le jeune héritier se retrouve pris dans plusieurs problèmes, entre la peur de ne pas être au niveau de son nom, et surtout les railleries de ses camarades pour être le premier Potter à intégrer la maison Serpentard, le tout reposant sur ses difficultés relationnelles avec son père, pas arrangées lorsque Albus se lie d’amitié avec un autre héritier bien loin du caractère de son père : Scorpius Malfoy. Les deux adolescents sont au cœur d’une intrigue, je dois bien le dire, un peu capillotractée, à travers le temps dans le but de sauver de la mort un certain Cedric Diggory

Je ne vous cache pas que je suis allé voir cette pièce avec beaucoup d’appréhension. Il faut dire que les studios Warner ont réussi à parfaitement faire voyager la magie dans notre monde, que ce soit avec les huit films de la saga ou même les deux volets des Animaux Fantastiques, à grands coups d’effets spéciaux. Mais comment apporter cette même magie sur une représentation en direct, sur les planches d’un théâtre et, de ce fait, avec moins de ressorts technologiques à disposition ? A grands coups de mise en scène absolument folle bien entendu !

Car oui, la vraie ingéniosité de ce spectacle repose principalement sur sa mise en scène : des escaliers à roulettes déployés pour nous donner l’illusion du mouvement, un plateau tournant au milieu de la scène, de la pyrotechnie pour les sorts et des jeux de lumière habilement gérés pour le voyage dans le temps. Le tout est manipulé avec juste ce qu’il faut de malice pour qu’on reste ébahis, avec des étoiles dans les yeux, devant la disparition de trois personnages dans les cabines téléphoniques pour entrer au Ministère de la Magie. Même si l’on comprend les ficelles utilisées une fois sorti du théâtre, l’illusion marche parfaitement bien lorsqu’on y assiste, suffisamment pour ne pas nous sortir de la représentation.

Dernier point intéressant, la transition entre les scènes et les lieux. Pas de fondu au noir, et surtout pas de baisse de rideau, mais un mécanisme beaucoup plus astucieux et vivant pour le spectateur. Tous les acteurs secondaires se lancent dans différentes chorégraphies, utilisant leurs capes pour recouvrir les objets, comme s’ils plaçaient une cape d’invisibilité sur eux, avant de les faire sortir de scène. Accompagnés par une musique d’ambiance collant au dernier tableau, tous ces mouvements permettent de laisser le spectateur dans la représentation malgré les modifications scéniques.

Le jeu des acteurs est tout simplement sublime. Ils possèdent tous une vraie présence, les nouveaux personnages ont tous une personnalité propre qui leur permet d’exister et de nous y attacher, avec une mention spéciale pour l’acteur jouant Scorpius Malfoy, à la fois hilarant et touchant quand il le faut.

Pour les anciens personnages, c’est un peu plus compliqué. Sans trop en dévoiler de l’intrigue, des personnages emblématiques de la saga font leur retour le temps de quelques scènes et il est assez difficile, pour certains d’entre eux, de passer derrière les talentueux interprètes les ayant incarné à l’écran. L’acteur jouant Harry, principalement, m’a laissé sur ma faim, le trouvant tout le temps dans le sur-jeu et, au final, ne véhiculant que très peu d’émotion.

Si le format du script est assez classique en 4 actes, la représentation en elle-même l’est beaucoup moins. La pièce est découpée en deux parties : la première contenant les actes 1 et 2, la seconde présentant logiquement les actes 3 et 4. Si cela peut s’expliquer par une représentation particulièrement longue, puisqu’elle dure plus de 5 heures en tout, la coupure se révèle néanmoins assez nocive pour l’expérience globale.

Les actes 1 et 3 sont séparés de l’acte qui les suit par un entracte de 30 minutes, tandis que les deux parties sont séparées par une pause d’environ deux heures. Malgré le cliffhanger de l’acte 2 nous tenant en haleine, j’ai trouvé l’acte 3 assez lent. Je ne saurais expliquer si c’est moi ou les acteurs que la coupure a le plus affecté, mais il m’a semblé que l’acte traînait en longueur et qu’il ne diffusait plus autant d’énergie que les deux précédents actes. Logique, me diriez-vous à raison, nous approchant des quatre heures de spectacle, mais ce n’est pas quelque chose que j’ai ressenti sur le quatrième et dernier acte. Rien de bien méchant, mais assez impactant pour que je me pose la question.

Écrire un article sans avoir un seul point noir, ça aurait été dommage quand même, et on y arrive. Car si d’un point de vue technique, tout est parfait, millimétré, et arrive à vous transporter, là où le bas blesse, c’est bien sur le scénario. 

La ficelle est grosse, bien trop grosse, pour justifier un huitième tome, les personnages que l’on connaît ont des caractères très éloignés de ce que l’on connaît du livre. De plus, si l’on pouvait s’enthousiasmer à l’idée d’explorer une nouvelle génération de Potter dans un monde délivré du mal, on se retrouve à faire le chemin inverse et à se replonger dans la nostalgie des livres précédents.

Je sais ce que vous allez me dire, 19 ans se sont passés depuis la fin de la saga. Il serait donc étonnant de voir des personnages avec le même comportement des années après, mais certains agissent de façon assez peu cohérente avec les traits de caractère qu’on leur connaît pour que ça me titille lors du spectacle.

Avant de conclure, revenons un peu sur le prix de ce spectacle. Comme je le disais au-dessus, les deux parties se jouent indépendamment l’une de l’autre. Il est ainsi possible d’y assister sur deux jours distincts ou, comme nous l’avons fait, d’assister successivement à l’intégralité du spectacle. Les tickets sont donc, assez tristement, vendus pour chacune des parties, doublant le coût total. Les places les moins chères sont vendues à partir de 10 livres la partie, soit 20 livres pour le spectacle complet. En contrepartie, ces sièges sont situés à des endroits empêchant de voir une partie de la pièce.

Nous avions pris les places les moins chères permettant de profiter de toutes les particularités de la pièce et nous en avons eu pour 67,5 livres par partie, soit 135 livres la place pour le spectacle complet. Un gros budget de 270 livres pour deux, soit environ 320 euros, a donc été sollicité pour voir complètement la représentation de Harry Potter et l’Enfant Maudit.

Pour autant, compte tenu de la longueur de la représentation et des moyens absolument dingues mis en place pour faire vivre un nouvel épisode de la saga dans un contexte totalement différent, je pense, à mon humble avis, que cette somme n’est pas gâchée. J’aurais pu être déçu, mais j’ai été emporté par la féerie de la mise en scène et le jeu des acteurs. C’est un budget, certes, mais l’expérience fantastique procurée le vaut. Le scénario n’est clairement pas l’attrait principal de la pièce, mais tout le spectacle construit autour est assez dingue pour en faire abstraction ! Sans être le plus grand fan de Harry Potter qui existe, j’ai pourtant été transporté et émerveillé par tout ce que j’ai pu voir.

Voici qui conclut mon (grand) article consacré à cette pièce de théâtre et ma toute première contribution à ce merveilleux blog ! Merci à Wade et à Kaisuke de m’avoir permis de m’exprimer ici. 🙂

Avant de quitter la magie d’Harry Potter, nous souhaitions nous incruster subrepticement ! Tout le plaisir est évidemment pour nous, le fait de lire et diffuser une autre plume que les nôtres sur le blog nous enchante ! On espère que cette première excursion de notre confrère et ami Tony vous aura plu, à bientôt !

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