[Review] Killmonger #1

[Review] Killmonger #1

Le Marvel Cinematic Universe influence les comics de la Maison des Idées. Même si ce constat peut paraître regrettable et donne lieu parfois à des productions médiocres, il me semble malgré tout indéniable. En effet, si un personnage dans un film estampillé MCU s’avère populaire, il y a fort à parier qu’il bénéficiera dans la foulée d’une mini-série à son effigie afin d’étayer son background et accessoirement d’attirer les spectateurs vers la lecture. C’est par exemple le cas de Killmonger, l’un des meilleurs antagonistes des films Marvel Studios – incarné par Michael B. Jordan dans Black Panther -, qui s’est retrouvé au cœur d’une série sobrement intitulée Killmonger en décembre dernier.

Écrite par Bryan Hill (American Carnage, Michael Cray, Detective Comics) et dessinée par Juan Ferreyra (Old Man Logan, Green Arrow, New Suicide Squad), la mini-série se focalise sur un pan de la vie d’Erik Killmonger inexploré dans le film de Ryan Coogler, à savoir de son enrôlement par Ulysses Klaue suite à un massacre au Wakanda jusqu’à son retour dans sa contrée natale pour réclamer son trône. Sans se détacher complètement du film Marvel Studios, la série Killmonger développe le personnage éponyme et son histoire par le biais d’un autre média. De ce fait, le premier chapitre de cette série possède-t-il d’autres qualités que sa transmédialité ? C’est ce que nous allons voir !

Comme dit dans mon introduction, cette mini-série se présente irrémédiablement comme un dérivé du film Black Panther. Dès ses premières pages, le chapitre nous rappelle d’ailleurs ce statut en remettant en scène l’un des moments les plus emblématiques du film.

Heureusement, bien loin de n’être qu’un prologue en comics de celui-ci, le titre s’éloigne de T’Challa et du Wakanda pour se focaliser sur la vie d’Erik Killmonger aux États-Unis. Sa personnalité y est fidèlement retranscrite. Solitaire, misanthrope, lourdement armé et avide de vengeance, le personnage s’avère fidèle à sa version cinématographique. Cependant, sa vantardise et ses desseins, digne de Frank Castle, se heurtent à des défaites consécutives. Killmonger n’est, pour l’heure, que l’ébauche du soldat chevronné et impitoyable que les spectateurs du MCU connaissent.

Même s’ils partagent la même rage, la version comics de Killmonger se révèle bien plus adulte que sa mouture sur grand écran. Ainsi, une scène de sexe anecdotique mais aussi et surtout de la violence explicite apparaissent dans ce premier chapitre. De ce fait, Killmonger s’adresse davantage à un public averti et adulte qu’aux jeunes spectateurs du MCU !

L’introduction de personnages inédits permet également au titre de se détacher du grand écran et d’approfondir son protagoniste et la constellation de personnages qui l’entoure. Le trio original présenté dans ce chapitre paraît à première vue intéressant, même si l’un de ses membres se voit complètement éclipsé pour le moment. Leurs aptitudes donnent en tout cas envie de les voir véritablement en action !

Des personnages déjà existants, tels que le Caïd, apparaissent aussi brièvement dans ce premier chapitre. L’invocation de ceux-ci enracine Killmonger dans l’immensité de l’univers Marvel, en plus de le doter d’une certaine légitimité. Là où les prologues cherchent essentiellement à s’adresser aux non-lecteurs afin de les appâter dans le monde des comics avec des histoires qu’ils connaissent déjà grâce aux films, cette mini-série possède un réel intérêt aussi bien pour les lecteurs aguerris de la Maison des Idées que pour les fans de Black Panther souhaitant prolonger l’expérience cinématographique par la lecture de ce spin-off.

Même si Bryan Hill a su reproduire le caractère que possède Killmonger au cinéma tout en le singularisant pour ce comics en plus de lui créer un passif intriguant, c’est bel et bien les illustrations de Juan Ferreyra qui constitue l’attrait principal de ce chapitre. Avec ses dessins, l’artiste écarte le personnage de l’acteur qui l’incarne. Ici, Erik Killmonger paraît plus enragé et torturé que jamais, bien plus que dans l’interprétation déjà convaincante de Michael B. Jordan. L’artiste met d’ailleurs en valeur la colère du personnage grâce à de nombreux gros plans sur son visage.

Il lui offre même quelques poses charismatiques dignes des plus grands super-héros, qui, en plus de le subjuguer, rendent Killmonger et ses motivations encore plus fascinantes.

Ce premier chapitre mêle au présent du personnage quelques brefs flashbacks de son enlèvement au Wakanda. Pour distinguer de manière franche les deux époques, Ferreyra emploie deux styles graphiques très différents. Alors que pour les actions présentes, les personnages disposent de contours nets et d’une colorisation numérique, assez froide, le passé de Killmonger se dévoile au sein de cases sans réelles délimitations, aux contours irréguliers. Les illustrations qui s’y trouvent semble coloriées manuellement, aux crayons de couleur ou à l’aquarelle.

La différence visuelle flagrante retranscrit efficacement le traumatisme que représente son passé pour Erik. Le style graphique utilisé pour ceux-ci, beaucoup plus authentique et impressionnant, se révèle si abouti qu’il rend le second, employé sur la majorité du chapitre, beaucoup moins appréciable. Toutefois, la qualité graphique reste au rendez-vous durant l’entièreté de cette issue. J’ai simplement éprouvé une admiration pour les illustrations des réminiscences d’Erik.

Alors que Killmonger n’aurait pu être qu’un produit dérivé insipide de Black Panther, ce premier chapitre fait valoir ses nombreuses qualités scénaristiques et graphiques. L’aspect graphique déployé par Juan Ferreyra varie en fonction de la temporalité des événements pour un résultat saisissant. Le personnage d’Erik Killmonger, tout en restant fidèle à son itération cinématographique, voit ici sa personnalité consolidée et son entourage étendu au-delà des personnages déjà vus dans le Marvel Cinematic Universe. Ainsi, les nouveaux individus créés pour l’occasion promettent d’apporter davantage d’action à la mini-série pour l’instant assez calme et bavarde. Quoi qu’il en soit, ce premier chapitre, par son accessibilité et sa manière de complexifier un personnage déjà existant, se présente donc comme une lecture agréable et intéressante pour tous les fans de Black Panther, qu’ils aient ou non lu des comics Marvel avant.

Ma review est désormais terminée ! J’espère qu’elle vous aura plu. En tout cas, je vous retrouve très bientôt pour de nouveaux articles, Wakanda forever !

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