[Review] Les Légendes de Baldur’s Gate

[Review] Les Légendes de Baldur’s Gate

Je vous en avais parlé et vous l’avais même promis il y a déjà quelques temps, durant la critique de La Légende de Drizzt. Voici donc la critique des Légendes de Baldur’s Gate ! Il n’en fallait pas plus que le nom de ce jeu de mon enfance pour me donner envie de me plonger dans cette parution de Panini Comics. Baldur’s Gate est clairement un jeu qui a marqué mon enfance, je ne pouvais donc décemment pas passer à côté des nouvelles aventures de Minsc le célèbre rôdeur et de son plus fidèle acolyte Bouh le hamster ! Tout ce qui se déroule dans ce livre se passe après les évènements des jeux Baldur’s Gate. Nous y suivons Delina, surnommée la mage sauvage, une elfe qui ne maîtrise pas totalement ses pouvoirs magiques grâce, ou à cause desquels elle obtiendra l’aide de Minsc le rôdeur, pas très malin mais disposant de gros muscles, et d’un hamster de l’espace décrit comme «géant miniature» par Minsc, d’un grand courage et d’une sage sagesse ! Tout ceci est scénarisé par Jim Zub, qui a notamment travaillé sur du Avengers et sur les Champions pour Marvel et sur Wayward pour Image Comics, publié en France par Glénat. L’histoire est illustrée par Max Dunbar qui lui a officié sur Champions pour Marvel, série sur laquelle il opérait d’ailleurs déjà avec Jim Zub !

Synopsis :

Les années ont passé depuis que les héros de la Porte de Baldur ont sauvé la ville et les Royaumes Oubliés. Aujourd’hui, une nouvelle menace apparaît et un groupe hétéroclite de marginaux est embarqué dans une aventure aux côtés de Minsc, le légendaire rôdeur au cœur d’or et au cerveau de plomb, accompagné de son hamster Bouh.

Mon avis :

Les astres étaient alignés, tout partait extrêmement bien pour cette parution de Panini qui jouait avec mes sentiments et ma nostalgie. Me donnant la possibilité d’explorer à nouveau l’univers d’un jeu de mon adolescence, je partais donc avec énormément d’optimisme et de bienveillance pour cette œuvre, surtout après avoir découvert la qualité de La Légende de Drizzt éditée chez la concurrence ! Malheureusement je dois vous annoncer que je suis finalement déçu. Je vais vous expliquer pourquoi ! Tout démarre avec un personnage inconnu se nommant Delina, une jeune elfe magicienne, très obstinée et assez maladroite, ne maîtrisant pas bien ses pouvoirs magiques, alors poursuivie par des gargouilles. Jusque là, tout va à peu près bien mais tout ne se passe vraiment pas comme prévu pour elle dans la recherche de son frère, et elle va provoquer malgré elle l’apparition de Minsc et Bouh dans cette histoire. Cette apparition soudaine de Minsc au milieu de cette aventure n’a aucun sens ni aucun vrai intérêt scénaristique, hormis celui de faire vibrer la corde sensible du fan avec la subtilité d’un lance-roquettes… Et ce fan service forcé est d’autant plus dommage car Minsc et Bouh restent les moteurs de cette histoire. De ce fait, il aurait été judicieux et même logique d’introduire convenablement ces deux personnages. Ce procédé, déjà vu mille fois pour justifier toutes sortes de crossovers douteux, nous ramène par exemple à Sonic troquant son hot-dog pour une épée dans Sonic et le Chevalier noir sorti sur Wii. Néanmoins, Bouh et Minsc représentent l’atout comique mais également la force de l’équipe qui se verra d’ailleurs complétée par deux bandits de pacotilles, Krydle et Shandie. Ces deux personnages ne resteront clairement pas dans les annales après la lecture de ce tome tant ils sont insipides et inutiles au récit. Bien que la création de personnages inédits puisse constituer un moyen ingénieux et appréciable pour étayer l’univers de Baldur’s Gate, mais dans les faits, ce duo de truands ne sert ici malheureusement à rien. N’importe quel arbuste aurait pu prendre le rôle d’un de ces deux personnages !

Parlons maintenant du scénario : quand l’on voit l’univers énorme et riche de Donjons & Dragons et tout ce qu’il est possible d’imaginer dans celui-ci, pourquoi se contenter de faire un scénario si bateau, inintéressant, sans surprises, bref, une intrigue si anecdotique ? C’est la question que je me suis posée à la sortie de la lecture des Légendes de Baldur’s Gate. Minsc et Bouh relèvent cependant le niveau, avec beaucoup d’humour et de naïveté. Le légendaire rôdeur un peu simplet continue de croire que son hamster de compagnie est, je le cite, «un hamster de l’espace géant miniature». Pour les puristes et fans du jeu, vous retrouverez aussi quelques personnages connus de cet univers, ainsi que quelques répliques cultes de notre ami Minsc !

Passons maintenant aux illustrations de cette œuvre, Max Dunbar fait ici un travail plus que correct. J’apprécie vraiment son style sur un récit de type médiéval fantastique. Là où Brigands & Dragons proposait des illustrations enfantines pour représenter un univers semblable, Dunbar illustre Les Légendes de Baldur’s Gate avec un style bien plus classique mais cohérent avec le propos et la licence abordée. Tout ce qui fait l’âme de ce genre, à savoir les armures, les armes, les décors et les monstres en tout genres sont vraiment convaincants et profitent d’un bon rendu ! Cependant, les scènes de combats se révèlent assez peu prenantes et même plutôt mollassonnes. Les cases de ses pages se révèlent assez peu nombreuses et se montrent statiques et relativement fades, un comble pour un récit prenant place dans l’univers de D&D ! Heureusement que les dessins remontent le niveau global de cette œuvre car sinon cela aurait été une énorme et complète déception ! Le volume contient tout de même une galerie composée de quelques dessins, dont certains de toute beauté, en plus de quelques pages de concept art ! Panini propose une belle petite édition pour ce titre à tout de même 18€ pour à peine plus de 130 pages, ce qui peut faire mal au porte-monnaie vu la qualité relative de l’histoire racontée.

Pour conclure, je dirais simplement qu’il s’agit du type d’œuvre sur lequel on s’arrête pour la renommée de son univers ou par nostalgie plus que par sa qualité intrinsèque. Malgré tout le mal que j’ai pu en dire, tout n’est pas à jeter et certains fans de l’univers du jeu seront probablement heureux de refaire un voyage dans ce monde grâce à cette parution et y trouverons leur compte en dépit des défauts énoncés. J’en sors personnellement déçu, j’aurais apprécié découvrir une intrigue plus intéressante et plus longue autour de ce personnage inédit dans un univers qui permettait et promettait tellement plus !

N’hésitez pas à nous dire également ce que vous en avez pensé en commentaire, cela nous fera extrêmement plaisir d’en discuter avec vous !

En bonus quelques covers des volumes VO réalisées par Sarah Stone. Elles ne rajoutent rien à la review, mais puisqu’elles sont de toute beauté, j’en profite pour vous les partager ! 😀

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