[Review] MPH

[Review] MPH

Hello les d’jeuns ! Aujourd’hui nous allons parler d’un comics paru il y a quelques années déjà, plus précisément en avril 2016 sous le giron de Panini Comics, j’ai nommé MPH ! MPH est un récit co-créé par Mark Millar que l’on ne présente plus tellement son esprit est foisonnant et que ses œuvres sont populaires (Kick-Ass, Superman : Red Son, Huck, Civil WarKingsman et bien d’autres encore !) et Duncan Fegredo. Ce dernier est surtout un dessinateur de covers, mais il a aussi officié notamment sur du Hellboy, du Spider-Man et Ultimate Adventures ! C’est bien joli tout ça, mais késako MPH ? Et bien nous allons le découvrir à travers son synopsis et à travers mon avis !

Synopsis :

Roscoe aspire à une vie meilleure que celle qu’il mène à Detroit. Malheureusement, il prend une mauvaise décision et finit en prison. Durant son incarcération, il essaie une drogue, la MPH, et se retrouve avec le pouvoir de super-vitesse qui lui offre enfin une chance de vivre le rêve américain. S’en servira-t-il pour faire le bien ?

Mon avis :

Que feriez-vous de vos super-pouvoirs ? Seriez-vous un vilain ou un héros ? Agiriez-vous anonymement ou à visage découvert ? Mark Millar ici soulève énormément de questions sur la morale. Roscoe est un petit criminel qui aspire à une vie meilleure à Detroit,  si bien qu’il fait des petits boulots illégaux, dont de la livraison de drogue pour mettre de l’argent de côté afin de pouvoir à terme vivre d’une meilleure manière avec sa petite amie Rosa. Malheureusement, il finira par être balancé et finira emprisonné. Alors qu’en prison, il fait tout pour avoir une conduite exemplaire et ainsi rejoindre au plus vite sa bien aimée, son meilleur ami Chevy lui annonce que sa mise en détention fait partie d’une manigance orchestrée par son ex-patron pour conquérir Rosa durant son absence. Roscoe, plein de déception et de colère, succombe à la proposition d’un des prisonniers et teste la MPH, une drogue dont l’effet dans le temps et la quantité sont temporaires, qui va le rendre super rapide ! Voici l’introduction synthétique de ce one-shot de Mark Millar et Duncan Fegredo. Roscoe s’enfonce d’abord dans une quête de vengeance contre son ex-patron et même contre la société toute entière, qui l’accule et l’empêche de vivre le rêve américain avec sa conjointe. Ses cibles prioritaires seront des banques qui subiront les attaques de notre bande de super-rapides ! Mais Roscoe, accompagné de Rosa, gagnera ensuite en maturité et se métamorphosera petit à petit en un Robin des bois des temps modernes. Le gouvernement fera alors appel à un mystérieux individu ayant obtenu les mêmes pouvoirs 30 ans auparavant pour arrêter Roscoe et ses compères !

Mark Millar nous propose ici un scénario plutôt brillant, ponctué de quelques rebondissements vraiment surprenants bien que d’autres soient assez attendus. Il nous propose vraiment une vision réaliste des quartiers pauvres et du crime dans la ville de Detroit, où la crise économique est plus présente que jamais ! On peut aisément extrapoler cette description à toutes les villes modestes des Etats-Unis, voire du monde. Le questionnement moral autour des nouvelles habilités surhumaines des protagonistes parcourt toute cette œuvre de manière intéressante et intelligente, sans pour autant se montrer inutilement pompeux.  Ce dilemme se retranscrit concrètement à travers les différentes phases par lesquelles passe Roscoe avant de devenir un vrai héros !

Il est aussi passionnant de se pencher sur la psychologie des différents personnages se partageant les dernières pilules de MPH, dont les avis concernant l’utilisation de cette drogue divergent. Cette discordance éthique aboutira sur une confrontation dantesque au sein du groupe ! Les personnages véhiculent vraiment une idéologie singulière, qui leur est propre. Certaines se révèlent respectables, d’autres beaucoup moins. Cette pluralité des discours apporte une profondeur insoupçonnée au récit mis en place par Mark Millar en seulement un peu plus d’une centaine de pages. J’ai donc été très agréablement surpris en découvrant MPH alors que je n’en attendais pas grand chose avant la lecture de celui-ci !

Pour ce qui est des dessins, Duncan Fegredo propose un style cohérent avec l’univers urbain de cette histoire. L’encrage est très appuyé, les couleurs sont quant à elles assez ternes. La proposition de Fegredo crée un style assez réaliste et plutôt détaillé, laissant tout de même place à l’irréel, au super-héroïque. L’apparition abrupte du fantastique dans le quotidien se ressent notamment grâce à la super vitesse dont disposent les consommateurs de MPH, qui est représentée un peu à la manière des déplacements de Flash, avec de petits éclairs jaunes autour. Il est évident que Duncan Fegredo s’est clairement inspiré du Speedster pour certaines cases, ce qui ne dénature ou ne gêne en aucun cas. La cohabitation du réel urbain et des pouvoirs extraordinaires fonctionne bien, et les illustrations proposées pour illustrer ce mélange restent un plaisir pour nos petits yeux ! Le style graphique reste néanmoins un peu particulier et ne plaira donc pas forcément à tous. En tout cas force est d’admettre qu’ici, pour ce type d’histoire, cela fonctionne merveilleusement bien !

MPH est clairement une très bonne découverte pour ma part ! Je n’en attendais sincèrement pas grand chose. En toute honnêteté, je me l’étais procuré dans le cadre de l’offre pour obtenir l’artbook du Millarworld, et je ne regrette absolument pas mon choix après l’avoir lu ! La magie de Millar opère une nouvelle fois ici et aboutit à un récit, pas forcément incontournable, mais qui vaut clairement un petit coup d’œil !

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