[Review] Multiple Man #1 : Le retour raté d’un mutant oublié

[Review] Multiple Man #1 : Le retour raté d’un mutant oublié

Parmi le nombre impressionnant de mutants qui jalonnent l’univers Marvel, la majorité ne profitent inéluctablement pas de la même popularité que Wolverine ou Cyclops par exemple. Pour autant, ces mutants secondaires voire tertiaires peuvent se révéler attachants et captivants. Ce fut le cas de Jamie Madrox, aussi appelé Multiple Man, que j’ai pu croiser à quelques rares occasions dans mes lectures, notamment dans certains X-Men Universe. Sans être inoubliable, le personnage m’avait bien plu et son pouvait avait le mérite d’être intéressant. En effet, Madrox dispose de la capacité de se dédoubler. Chacun de ses clones possèdent alors sa propre conscience et peut vivre sa propre vie. Au moment de la fusion, le “vrai” Jamie Madrox, Jamie Prime, récupère les souvenirs et les nouvelles habilités de ses doubles.

Alors que j’avais très honnêtement oublié le personnage, j’ai été surpris de voir débarquer une mini-série en cinq chapitres à son effigie à l’été 2018. Cette dernière est scénarisée par Matt Rosenberg, qui a notamment scénarisé la récente série Uncanny X-Men et son Jésus mutant… J’ai vraiment hâte de rattraper mon retard sur Marvel et que Panini publie ce titre pour pouvoir découvrir cette histoire… Incertaine ? Andy MacDonald illustre cette histoire. Plus récemment, il a officié sur le premier chapitre de Wolverine : Infinity Watch. Tamra Bonvillain s’est occupé quant à lui de la couleur.

Alors que tout le monde le pensait décédé, un Jamie Madrox en piteux état est retrouvé dans un laboratoire et est secouru par Magik et quelques autres mutants, dont Malabar. Je le précise car son pseudonyme en français me fait doucement rire. Désolé Guido. Ramené au manoir des X-Men, Multiple Man expliquera notamment à Hank McCoy comment il a survécu. Toujours dans l’optique d’assurer sa survie, il provoquera la zizanie dans le manoir.

Comme je vous l’ai précisé en introduction, je ne connais pas vraiment Jamie Madrox et son histoire. Pourtant, j’ai quand même été surpris par la personnalité du mutant dans cette issue. Comique à outrance et profondément égoïste, il m’a paru assez agaçant et même antipathique. De ce fait, ses motivations peinent à impacter le lecteur. Dans mes vagues souvenirs, j’associais Madrox à un leader tourmenté. Ici, il se retrouve réduit au rang de trouble-fête énervant quand bien même il est censé briller par son intelligence et son côté scientifique. A ce niveau-là, les intentions de Rosenberg tombent à l’eau.

De plus, la justification de l’existence de ce Jamie Madrox malgré sa mort supposée exaspère par son aspect expéditif et bien trop succinct. La mini-série établit comme un fait irréfutable la “résurrection” du personnage et le lecteur n’a plus qu’à l’accepter, sans poser de questions. Peut-être la suite du titre répond davantage à cette interrogation légitime, même si ça ne semble pas être la principale préoccupation du scénariste.

Pour ne rien arranger, la deuxième moitié du chapitre se détache complètement de la quête initiale de Madrox et laisse place à un simili-combat contre des adversaires qui ne seront pas sans rappeler des personnages déjà existants de la Maison des Idées. Enfin, le cliffhanger assez peu original intrigue certes, mais semble diriger la mini-série dans une direction elle aussi éculée au possible.

Heureusement pour ce titre, les dessins d’Andy MacDonald et leur colorisation par Tamra Bonvillain rehaussent un peu sa qualité globale. En effet, même si l’histoire développée laisse place à l’ennui, les illustrations sont plutôt jolies et donnent à voir un tas de personnages mutants, certains profitant même d’un relooking plus ou moins réussi. Cependant, c’est une nouvelle fois au niveau de Madrox lui-même que j’émets quelques réserves. Même si son M à l’œil ne semble pas toujours marquer son visage, les dessins de MacDonald le font, selon moi, énormément ressembler physiquement à Peter Parker. Multiple Man paraît ici plus jeune et plus frêle que dans d’autres histoires où il apparaît, au point de ressembler davantage à l’Homme-Araignée qu’à lui-même. Sans être foncièrement gênant, ce détail m’a laissé perplexe. Au-delà de ça, les visuels fonctionnent tout de même. Toutes les cases ne profitent pas du même niveau de détail et l’artiste n’hésite pas à s’économiser dès que possible. Néanmoins, les passages les plus importants de l’issue et les gros plans sur le visage de Jamie restent convaincants. MacDonald et Bonvillain proposent donc de belles illustrations, qui ne rendent pas l’intrigue plus intéressante pour autant. Elles permettent de moins regretter son achat, ce qui constitue malgré tout une maigre consolation car, même en faisant totalement abstraction du fond au profit de la forme, les illustrations correctes ne vous arracheront pas les rétines pour autant.

Entre reconstruction personnelle d’un personnage oublié et action rocambolesque, Matthew Rosenberg ne semble pas savoir sur quel pied danser. De ce fait, ce premier chapitre de Multiple Man ne parvient pas ni à caractériser correctement son personnage principal, ce qui rend la série complètement dénuée d’intérêt pour les néophytes, ni à proposer une lecture fun ponctuée de combats rythmés. L’humour puérile et peu inspiré de Jamie Madrox dénote avec sa personnalité habituelle, à tel point qu’il en devient ici irritant. La seule véritable qualité du titre se révèle être ses illustrations efficaces, rendant le tout moins indigeste. En définitif, cette mini-série autour de Jamie Madrox relève plus de la tache indélébile sur la carrière du mutant relativement anecdotique qu’une réhabilitation concluante et plaisante.

Même si le titre abordé s’est montré moyen, j’espère que cette review vous aura plu ! Nous nous retrouvons en tout cas très vite pour de nouveaux articles, à bientôt donc. 😉

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