[Review] TMNT – Tome 10 : De l’ordre et du chaos !

[Review] TMNT – Tome 10 : De l’ordre et du chaos !

Salut à vous, bande d’aficionados masqués ! Vous ferez attention, il vous reste de la pizza au coin de la bouche soit dit en passant. Aujourd’hui, nous continuons notre avancée dans le monde des Tortues Ninja avec la critique du dixième tome de la série régulière débutée en 2011 chez IDW et éditée en France par HiComics. Et oui, déjà !

Et encore, cette numération ne compte logiquement pas les spin-off comme les micro-séries publiées à l’occasion des FCBD par exemple, ni le fameux tome 0 reprenant les chapitres autrefois édités par Soleil. Quoi qu’il en soit, c’est toujours avec un grand plaisir non dissimulé que je continue de vous parler de cette série TMNT car je considère qu’il faut la soutenir absolument !

Mon enthousiasme pourrait passer pour du forcing auprès des personnes réticentes n’ayant pas laissé sa chance au titre ou qui n’auraient pas été convaincues par le premier tome en-deça du reste de la série, mais il n’en est rien à mon avis ! Je vous assure que la licence qui a bercé l’enfance de beaucoup continue de vivre de beaux jours au travers de ce comics original et rafraîchissant, que HiComics porte corps et âme au sein de son catalogue malgré des ventes pas forcément à la hauteur des attentes, là où d’autres auraient déjà abandonné. Leur persévérance et leur régularité me poussent à croire que cette prise de risques mérite au moins d’être saluée et soutenue.

Tout ça pour dire que ma motivation ne décroit pas le moins du monde mais trêve d’éloges sur la série en général, attardons-nous plutôt sur la review du dixième tome de TMNT, dont le titre évocateur promet un sacré programme : « de l’ordre et du chaos ! »

Après les nombreuses péripéties du tome précédent, le statu quo traditionnel a été bouleversé, et ce n’est pas peu dire ! Shredder vaincu, Splinter et ses enfants ont pris le contrôle du Clan Foot, milice de ninjas qu’ils n’ont eu de cesse d’affronter durant des décennies. Trop rancunier et fier pour s’assimiler à ce groupe, Mikey prit la décision de quitter ce clan qu’il méprise pour rejoindre le groupe des mutos dirigé par Old Hob, un autre ennemi des Tortues !

Les trois tortues restantes effectueront diverses missions en parallèle afin de rétablir la puissance et le contrôle de la ville pour le Clan Foot, désormais sous la tutelle de leur père. Bien évidemment, cette situation “paisible” reste de courte durée puisque de nouveaux ennemis viendront contrarier les affaires du Clan Foot. Les Street Phantoms, un groupe de voleurs High Tech, compte bien contrarier et stopper la montée en puissance du nouveau Clan ! De son côté, Michelangelo découvrira les agissements aussi inquiétants que mystérieux de son nouveau chef, qu’il révèlera au grand jour, provoquant une dissension majeure au cœur du clan des mutos ! Le massif Slash prendra la route en solitaire, de même que Mikey qui quittera également sa nouvelle famille de fortune pour vagabonder seul.

Ce dixième tome se distingue par ses nombreux apports à l’univers des Tortues. Avec lui viennent de nouvelles intrigues impliquant plusieurs microcosmes de personnages, connus comme fraîchement introduits, opposant des ennemis inédits aux Tortues Ninja ! Après l’imposant arc narratif Vengeance, ce dixième tome tisse les bases des péripéties à venir à partir des germes déposées au cœur de la mêlée des volumes précédents. Même si la série souffle un tant soit peu avec De l’ordre et du chaos, l’action et la distribution de mandales restent toujours de la partie !

Certains personnages conviés débarquent d’ailleurs de manière inopinée, comme un cheveu sur la soupe, à l’instar de certains mutants venant renforcer les rangs du clan d’Old Hob ! Pratiquement rien n’explique leur présence soudaine ; ce sursaut de spontanéité tranche avec la précision habituellement employée par le tandem Eastman/Waltz pour rendre chaque rebondissement, chaque nouveauté marquante. Ici, le bestiaire se voit plutôt gonflé pour faire rapidement évoluer l’armée du chat anthropomorphe borgne après le départ de quelques uns de ses fidèles.

Pour autant, la nouvelle routine des Tortues séparées profite d’un rythme agréablement harmonieux, ni trop soporifique ni trop spectaculaire. Les scénaristes prennent le temps de montrer les différents personnages agir et vivre dans leurs nouveaux environnements. Cette exposition suggère des pistes intéressantes et captivantes pour la suite des aventures des quatre frères. Il faut dire que le renversement du clan foot octroyant son contrôle à Splinter a redistribué toutes les cartes dans le monde de TMNT de la plus étonnante des manières ! À mes yeux, cette décision s’avère au moins aussi sensationnelle que le transfert de l’âme du Docteur Octopus dans le corps de Peter Parker orchestré par Dan Slott à l’occasion du titre Superior Spider-Man. C’est vous dire la portée symbolique d’une telle situation !

En définitif, le lecteur parcourt un tome bien calme si on le compare aux deux derniers tomes qui ont complétement chamboulé l’univers des Tortues et l’ordre qui y était ordinairement établi. Il porte décidément bien son nom, De l’ordre et du chaos puisqu’il donne à voir le calme retrouvé après le cataclysme de Vengeance. C’est d’ailleurs ce changement de cadence qui le distingue de ses prédécesseurs et qui fait son attrait majeur. Il se révèle très plaisant de suivre les trois Tortues au sein du Clan Foot, de même que les pérégrinations de Mikey s’émancipant tour à tour de sa famille puis d’Old Hob pour au final errer solitairement.

L’évolution psychologique préoccupante du personnage de Casey Jones le rend aussi particulièrement attrayant. Complétement morose, l’acolyte des Tortues au masque de hockey décide de se prouver à lui-même sa valeur en devenant un patrouilleur violent, une sorte de justicier exécuteur, juge et bourreau, à la manière du Punisher. Ce besoin de reconnaissance ébranlera sa relation avec April, déjà plus au beau fixe depuis quelques temps, et mettra même en péril son intégrité physique…

Le comics continue d’entretenir de cette manière l’héritage de la série originale par ce côté sombre assumé sans pour autant se prendre trop au sérieux. L’équilibre fonctionne toujours, et particulièrement lors de ces moments parcimonieux où la balance tend davantage vers le penchant mature du titre. Les passages comiques désamorcent ainsi la gravité de ces moments plus pesants pour aboutir à un mélange prenant !

La partie graphique de ce dixième tome fonctionne à mes yeux moins bien qu’à l’accoutumée. Cette déception s’explique par un changement d’illustrateur préjudiciable. Les dessins sont ici assurés par deux artistes bien moins familiers de l’univers des Tortues que peuvent l’être Mateus Santolouco ou Sophie Campbell.

Ma remarque concerne particulièrement Ken Garing, le créateur de Planetoid et de Gogor, qui s’est chargé d’illustrer les premiers chapitres du recueil. Son style rétro ne me plaît pas du tout, dont l’aspect simpliste voire brouillon n’arrange rien. De plus, ses modifications de designs de certains personnages, très éloignés de leur apparence d’origine et de ce qui avait pu être fait jusque là, me paraissent aussi inexpliquées scénaristiquement que peu convaincantes dans les faits. Garing se présente alors comme un ersatz de Kevin Eastman, sans le côté âpre de son trait qui fait sa signature, au profit de traits plus lisses et plus fades. Malgré la ribambelle d’artistes impliqués sur le titre au fil des issues, je pense que Ken Garing s’illustre comme le moins persuasif d’entre eux.

Michael Dialynas, l’illustrateur de The Woods ou de la récente série Wynd éditée par BOOM! Studios, propose des dessins plus léchés et davantage en adéquation avec l’univers fun des Tortues Ninja que son collègue. Les personnages redeviennent pleinement reconnaissables et se rapprochent bien de ce qui a été fait précédemment par les autres dessinateurs de la licence. Son style respecte la cohérence graphique globale du titre et se coordonne bien plus organiquement aux travaux de Mateus Santolouco, Cory Smith et Sophie Campbell, les illustrateurs les plus remarquables de la licence TMNT.

Illustration de Michael Dialynas, correcte et dans la veine d’autres dessinateurs plus notables de la licence sans être sensationnelle.

La colorisation de Ronda Pattinson participe grandement à habiller les décors parfois simplistes voire les cases trop souvent dénuées d’arrière-plan. De plus, elle homogénéise relativement bien le passage d’un dessinateur à l’autre. A minima, son travail sur la couleur permet d’atténuer la disparité stylistique entre Garing et Dialynas.

Derrière son nom intrigant, De l’ordre et du chaos constitue finalement un tome de transition, installant les fondations du “nouveau monde” des tortues d’enfer suite à la tempête qui a redistribué les cartes de leur univers dans Vengeance. Ce dixième tome démarre de nouvelles intrigues articulées autour d’un ou de plusieurs personnages, dans lesquelles s’intègrent des personnages et des antagonistes inédits. Ce que laisse entrevoir ce volume promet l’arrivée d’événements toujours plus passionnants et audacieux !

Si le scénario continue de m’émerveiller, la partie graphique m’a quelque peu déçu. La première partie du tome, illustrée par un Ken Garing pas vraiment dans son élément, dans laquelle le look des personnages diffère trop radicalement de ce qui est exposé habituellement, m’a fortement dérangé. Les dessins de Michael Dialynas correspondent bien plus au seuil de qualité visuelle généralement attribuée à la série sans pour autant être transcendants. Pour autant, le récit compense la déception graphique et permet à ce tome 10 de demeurer tout de même très bon, bien qu’il ne puisse évidemment pas éclipser les deux précédents tomes qui ont changé les Tortues Ninja à jamais !

Et voilà, ma critique est désormais terminée ! J’espère qu’elle vous aura plu. Comme d’habitude, n’hésitez pas à venir discuter des Teenage Ninja Mutant Turtles avec nous, dans les commentaires ou sur nos réseaux sociaux. À très vite !

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