[Review] Trap

[Review] Trap

Hello les jeunes ! Vous le savez probablement, les 48h de la BD reviennent cette année les 5 et 6 avril 2019 sur Internet et surtout chez les libraires et commerçants participants proches de chez vous ! Cette initiative très sympathique permet de découvrir à chaque édition des premiers numéros de bandes dessinées et de manga à petit prix. Mais cette année une nouveauté fait son apparition : les collectors estampillées 48h de la BD. C’est à cette occasion que je me suis procuré un livre qui a attiré ma curiosité et mon intérêt ! Il s’agit de Trap, un titre scénarisé et dessiné par Mathieu Burniat, un artiste belge ayant notamment participé à un hors-série Gaston – La Galerie des gaffes. Il a aussi travaillé sur quelques autres titres que je ne connais personnellement pas. Aux dessins et à la couleur, il est épaulé par Loup Michiels. L’édition que je vous présente ici est une édition spéciale et limitée à 1000 exemplaires, accompagnée d’un tiré à part, numéroté et signé !

Avant de commencer, notons que cette œuvre m’était totalement inconnue avant de la découvrir sur le site des 48h de la BD. Et bien, je peux annoncer que je suis très heureux de l’avoir découverte par hasard ! L’histoire simple mais efficace proposée dans Trap commence avec un chasseur et son chien de compagnie vivants dans un monde hostile peuplé par des animaux et des monstres aussi fantasques que menaçants. Le personnage principal se révèle être un chasseur malgré lui, obligé d’exercer cette profession pour assurer sa survie. De ce fait, le titre Trap est une évidence, le terme Trap signifiant Piège en bon François ! Nous découvrons très rapidement que ce chasseur dispose d’étranges pouvoirs surnaturels. En effet, il se transforme en l’animal dont il porte la peau et obtient par la même occasion les avantages et les inconvénients de celui-ci. Par exemple, une peau d’écureuil volant lui confère la capacité de planer mais lui octroie également un corps chétif de petite taille. Le postulat de départ du titre peut faire rapidement penser aux jeux vidéo, en particulier aux RPG qui, très souvent, contiennent des objets procurant des capacités ou compétences au porteur de l’objet en question, au point parfois de lui faire changer d’apparence et de forme. Certains des animaux en question sortent bien évidemment de l’imagination de l’auteur, même si certains se révèlent beaucoup plus réalistes. La vie du chasseur, déjà loin d’être de tout repos, prendra une tournure encore plus pénible à la suite d’un évènement dont il choisira de se mêler.

L’auteur manie avec talent les dessins pour nous raconter son histoire. Le défi est d’autant plus rude que la bande dessinée Trap se révèle être entièrement muette. Les personnages, quand ils doivent s’exprimer, s’expriment à travers des dessins dans des bulles. Pas un seul mot n’est écrit dans Trap, hormis son titre. Pourtant les émotions suscitées par les personnages fonctionnent très bien. Peur, colère, amitié, tristesse, le lecteur comprend aisément ce que ressente les personnages et partage leurs joies autant que leurs peines. L’implication du lecteur est immédiate et maîtrisée malgré l’exercice de style risqué opéré par les auteurs.

L’originalité du titre m’a tout simplement fasciné, par le fait qu’il soit muet, par le terme abordé, mais également par son style graphique.

Nous avons ici un style très cartoon, très proche des illustrations que l’on associe généralement à de la BD franco-Belge. Et pour cause, c’en est clairement une ! Les personnages à gros nez, comme employé ici, sont légions dans la BD franco-belge, il n’y a qu’à prendre pour exemple les cas de Gaston, Astérix, Obélix, Fantasio, ou Les Tuniques bleues pour ne citer qu’eux ! Ce n’est pas un style que j’aime particulièrement d’ordinaire, mais ici, il ne m’a pas gêné. Je me suis laissé entraîner dans cet univers insolite et j’ai parcouru ce récit avec beaucoup de plaisir. Les couleurs sont impeccables et participent pleinement à rendre fluide et plaisante la lecture du tome. Le découpage des cases rend la lecture très fluide et donne à l’histoire un réel dynamisme. En dépit de leur mutisme, les cases se révèlent très explicites et parviennent donc sans mal à transmettre leur propos et les émotions des personnages.

Je trouve que Trap est une belle prouesse honorable de la part de Mathieu Burniat et de Loup Michiels, tant au niveau de la narration totalement muette, mais aussi au niveau des émotions qu’elle dissémine à travers ces cases. Le dessin me plaît tout de même un peu moins. Pour autant, je ne remets pas en question sa qualité, il s’agit simplement là d’une question de goût personnel. Je ne suis pas un grand amateur de bandes dessinées franco-belge. Le style employé se rapprochant de certains canons du genre, j’ai forcément été moins réceptif aux illustrations que le seront d’autres lecteurs plus friands des aventures de Gaston ou d’Obélix par exemple. Pour autant, les dessins et les couleurs sont très propres et participent véritablement à la création de l’ambiance oppressante de ce monde dangereux. De plus, ces illustrations traduisent les expressions des personnages de manière très crédible. En définitif, cette lecture inattendue s’est avérée être vraiment appréciable à parcourir. Je recommande donc la lecture de Trap sans soucis !

N’hésitez pas à nous dire ce que vous avez pensé de cette œuvre si vous avez eu l’occasion de la lire, nous serions heureux de pouvoir en débattre avec vous ! Je profite aussi de la fin de cet article pour vous inviter fortement à participer aux 48 heures de la BD ! Sur leur site, vous pourrez vous renseigner sur les libraires de votre ville participants à l’opération. A bientôt !

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