[Test] Flipon : Technicité accessible et mignonnerie captivante !

[Test] Flipon : Technicité accessible et mignonnerie captivante !

Certains jeux vidéo subissent des préjugés très ancrés à cause de leur gameplay ou de leur style graphique. Un puzzle game aux visuels bariolés sera d’office perçu comme une nouvelle mutation de Candy Crush, jeu casual par excellence. Il suffit qu’un titre implique d’aligner des éléments de même couleur pour les faire disparaître et ce dernier subira la comparaison avec le jeu de King, quand bien même les deux jeux n’ont finalement pas grand chose à voir ensemble. C’est le constat que j’ai pu observer en faisant découvrir Flipon autour de moi. Cachant bien son jeu – c’est le cas de le dire -, j’ai donc décidé de vous parler aujourd’hui de ce jeu de puzzle français aux niveaux variés, axés sur les réflexes ou sur la réflexion !

Développé par le breton Damien Mayance, en coproduction avec son ancien studio Pixelnest Studio qu’il a cofondé avec Matthieu Oger, Flipon est édité par Plug In Digital et est sorti en octobre 2020 sur diverses plateformes : Steam, Android, iOS et Switch. Dans ce soft, le joueur embarque dans une aventure barrée au sein du vaisseau spatial de Kat et de son acolyte canin Laika. Les deux compagnons voyagent dans l’espace pour récupérer des flipoblocs et ensuite les revendre ! Sur leur route, ils croiseront des antagonistes aussi loufoques qu’inoffensifs, en tout cas pour la plupart.

Mon préféré, Piratou, fera fondre même les cœurs les plus insensibles tant son design attendrissant et sa volonté de devenir un vrai pilleur menaçant le rendent irrésistible. Accompagnés par leur ordinateur de bord parlant, Ordy, et Granpa, le grand-père anthropomorphique de Kat à la croisée entre un humain et un escargot, le duo de chercheurs parcourra cinq planètes composées de quinze niveaux chacune au cours de l’aventure principale. Une sixième planète additionnelle se rajoutera à la fin de la trame narrative pour proposer un défi de taille aux joueurs les plus endurants et motivés.

Osez me dire qu’ils sont pas mignons ces espiègles méchants !

Avant de continuer ce test, je suis obligé d’opérer une digression suite à une coïncidence des plus nostalgiques. Au cours de mes recherches pour vous présenter l’équipe du jeu, j’ai découvert le portfolio de Damien Mayance. Et là, en parcourant l’historique de ses projets, quelle ne fut pas ma stupéfaction en voyant certains des premiers jeux sur lesquels il a travaillé. Je suis persuadé que Monique Passion Hôtesse de caisse me dit quelque chose, peut-être était-ce dans une vidéo de Squeezie ou bien ai-je moi-même eu l’occasion de tester cette bizarrerie créée dans le cadre du concours Make Something Horrible de Canard PC, je ne saurais dire.

Quoi qu’il en soit, bien que ce souvenir m’ait fait sourire, ce n’est pas lui qui m’a le plus touché. Oh non. Le fait de retomber sur The Great Paper Adventure par le plus grand des hasards m’a renvoyé loin en arrière dans ma vie vidéoludique, au moment où l’informatique commençait tout juste à s’installer dans le foyer familial. Ce petit shoot’em up 2D efficace et visuellement reconnaissable m’a occupé une poignée d’heures alors, rien que pour ça, merci monsieur Mayance.

Ce petit interlude autour des travaux antérieurs de l’artiste du jour étant terminé, revenons à sa dernière création en date qui nous intéresse ici. Flipon repose sur le principe du Match-3, c’est-à-dire qu’il faut aligner au moins trois cubes, des flipoblocs pour être précis, de la même couleur pour les faire disparaître et ainsi marquer des points. Cette mécanique de jeu est connue de tous, des joueurs les plus occasionnels aux plus férus de puzzle. Toutefois, là où Candy Crush ou Gardenscapes se focalisent sur la réflexion et sur le rythme lent que peuvent amener ce gameplay, Flipon exploite tout le champ des possibilités du style auquel il appartient.

Cette diversité dans les objectifs proposés se matérialise au sein du mode Campagne, dans lequel le joueur est amené à suivre la quête de Kat et Laika animée par un sens de l’humour universel et accrocheur. Même si les situations et les visuels paraissent enfantins, rappelant d’ailleurs l’atmosphère de Puyo Puyo par exemple, l’écriture se révèle finalement assez aboutie pour permettre aux joueurs de tous âge de sourire devant les personnages barrés qui ponctuent cette aventure prétexte à enchaîner différents tableaux oscillant entre puzzle et skills.

Et c’est bien là que réside la grande force de Flipon à mes yeux, sa générosité lui évite de tomber dans l’amas de jeux calquant inlassablement les mêmes structures de niveaux sans âme, parmi lesquels les graphismes se présentent comme la seule différence notable entre eux. Le mode Campagne mêle tous les types de niveaux qu’il est possible de rencontrer dans le jeu, nerveux ou, à l’inverse, orientés réflexion.

Néanmoins, les autres catégories du jeu permettent de se focaliser sur un genre spécifique de tableaux : Score Attack offre au joueur l’occasion de s’adonner à l’obtention du score le plus élevé librement ou dans un temps imparti, perfectionnant ses connaissances des mécaniques de jeu et sa gestion du stress au passage. Challenge se concentre sur les niveaux procéduraux, c’est-à-dire des tableaux dans lesquels le joueur doit utiliser les flipoblocs à bon escient pour effectuer les combos demandés. Les niveaux portés par Ordy, dans lesquels il faut supprimer toutes les pièces d’un tableau donné, ne sont jouables qu’au cours de la campagne. Cela dit, si cette façon de jouer se révèle être celle qui vous correspond le plus, les niveaux du mode Campagne sont rejouables à l’infini. Vous pourrez donc y retourner et les refaire à loisir !

Enfin, le mode Versus réutilise le système des combats de boss de l’histoire principale. Ainsi, jusqu’à quatre joueurs maximum, en local ou contrôlés par l’ordinateur, peuvent s’affronter. À chaque combo, des déchets plus ou moins encombrants apparaissent sur l’écran adverse. De plus, une fois sa barre chargée, il est possible d’activer une des six capacités spéciales disponibles, une par boss, avec la touche Alt. Le but est alors de survivre plus longtemps que son adversaire, le dernier des compétiteurs a gardé son écran suffisamment dégagé pour ne pas se faire submerger remporte la partie. Ce dernier mode me paraît tout désigné pour garantir des parties rapides et funs entre amis, en dépit du niveau de chacun. La découverte de ce jeu à plusieurs avec ce Versus me semble même être le meilleur moyen de s’amuser à plusieurs sur Flipon !

En fonction de vos habitudes sur ce type de jeu, le titre vous résistera plus ou moins longuement et à des niveaux différents. Autrement dit, la courbe de difficulté, bien qu’elle tende vers l’accessibilité pour que tout le monde avance simplement dans l’aventure sauf à de rares exceptions, s’adapte à vos préférences et à vos lacunes.

Certains niveaux de réflexions m’ont mis à rude épreuve, de même que le niveau 6 du monde Trochox où vit le Phoenix d’or, dans lequel il est nécessaire d’atteindre un score des plus élevés. À l’inverse, des niveaux demandant d’effectuer certains combos dans des tableaux donnés ou des puzzles, pourtant issus de niveaux plus avancés, ne m’ont pas résisté plus de quelques dizaines de secondes à peine. Toutefois, des niveaux proposent un challenge particulièrement ardu et nécessitent une concentration maximale ainsi que des réflexes phénoménaux. Ces qualités, obligatoires pour lire la grille de jeu en un instant tout en jouant avec l’accélération de l’arrivée des flipoblocs, précipitant le remplissage de l’écran et le stress qui lui est inhérent, vous permettront de surmonter ces épreuves à force de persévérance.

À titre personnel, s’il m’a fallu seulement quatre heures pour terminer l’histoire principale, et 79% du mode Campagne précisément, j’ai passé au moins autant de temps, si ce n’est plus, sur le premier niveau du monde bonus. Un laps de temps encore plus conséquent m’a ensuite été nécessaire pour venir à bout du quatorzième niveau de ce même monde additionnel, encore plus rude. Je fais encore des cauchemars quand je repense à ces niveaux de scoring. Concentration, maîtrise des mécaniques du jeu et prises de risques fructueuses, que Flipon récompense par son multiplicateur de points augmentant à chaque combo, ont été sollicitées pour les surpasser.

La difficulté de ce niveau de scoring est telle que les niveaux suivants m’ont paru bien faciles à accomplir. Au final, ce sont quartorze heures que j’ai passées sur le mode Campagne pour le terminer entièrement, dont le tout dernier niveau constitue une bonne synthèse entre puzzle, scoring, prévoyance et quiétude.

En effet, on aurait tort de voir en son chara design enfantin un jeu à la facilité déconcertante et à l’intérêt plus que discutable tant le titre dispose d’une technicité insoupçonnable aux premiers abords mais au combien appréciable. Je qualifierais les spécificités de Flipon d’ « easy to learn but hard to master ». Certains types de combos octroient plus de points que d’autres, comme réunir plus de trois flipoblocs verticalement, horizontalement ou en forme de L. Ce point, simple à comprendre, s’associe au fait que le tableau se gèle quelques secondes à chaque combo, et ce tant que le décompte du multiplicateur n’atteint pas son terme.

La course aux points poussera alors le joueur aguerri à découvrir et à user de mouvements pas forcément utiles au début du jeu : profiter du freeze pour faire bouger des blocs avant que la gravité ne revienne et ainsi provoquer des combos en chaîne rapportant encore plus de points, ou alterner des pièces flottantes pour former d’autres combos sont quelques unes des techniques utiles pour garantir des scores élevés à chaque essai.

La performance force le respect (et elle n’est pas de moi).

Cependant, je ne voudrais pas donner au jeu une réputation de titre rageant ou technique à outrance. Ce serait mentir au sujet de ses ambitions et de sa jouabilité. L’habileté se débloque progressivement et n’est requise que pendant quelques niveaux spécifiques particulièrement difficiles, majoritairement placés intelligemment dans le monde bonus. Les joueurs occasionnels, ou qui souhaitent se détendre avec Flipon, y trouveront donc également leur compte sans mal !

Flipon repose sur des bases communes, notamment dans le milieu du jeu mobile, qu’il emploie à merveille. La prise en main immédiate et l’équilibre trouvé dans le gameplay du soft fonctionnent si bien que son intérêt se traduira de diverses manières en fonction de sa façon de jouer. Les mécaniques, simples à assimiler, renferment quelques subtilités à pratiquer pour faire s’envoler les scores de ses parties et, accessoirement, pour révéler la dimension technique du jeu qui me captive de plus en plus !

Match-3 à la direction artistique soignée plaisant et au style graphique adorablement accrocheur, Flipon dispose d’une intrigue comique enrichie de personnages rocambolesques hauts en couleurs qui rendent la campagne principale vraiment agréable à parcourir. Pour autant, le jeu peut aussi revêtir un apparat compétitif dès lors que l’on cherche à se hisser dans les classements du mode Score Attack ou, plus simplement, à finir le mode Campagne à 100%. Maîtrise et audace seront nécessaires pour voir vos tentatives périlleuses auréolées de succès et récompensées par des scores phénoménaux !

En définitive, Flipon mérite largement le détour tant il a à offrir au joueur curieux. Pour quatre euros sur Steam, un tarif plus qu’honnête vis-à-vis de la diversité des modes disponibles, et même un peu moins sur téléphone, je ne saurais que trop vous conseiller ce jeu français si vous cherchez un jeu de puzzle arcade aussi accessible que technique, et même exigeant par moments, sans être frustrant pour autant. Virtuellement, chaque joueur pourra y trouver son compte et s’amuser quelques temps dessus sans avoir à s’acharner, ce qui est déjà une prouesse honnête et respectable.

Et voilà, j’ai terminé ma critique de Flipon, petit jeu qui mérite votre attention à mon sens ! Il vous occupera une poignée d’heures, mais il y a fort à parier que vous passerez un bon moment dessus, court mais honnêtement plaisant !

Avant de vous quitter, j’en profite pour vous signaler que j’ai déjà joué à Flipon sur ma chaîne Twitch et que je compte bien continuer à m’éclater dessus en direct ! De ce fait, n’hésitez pas à y jeter un coup d’œil à l’occasion et à rejoindre mon compte Twitter dédié pour retrouver les plannings hebdomadaires. Je vous remercie par avance, et sur ce, on se retrouve très prochainement pour de nouveaux articles !

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